31 décembre 2014

"52 Ancestors : #1 - Marius GUILLERMET


Marius Alphonse GUILLERMET 

1868 (Outriaz 01) - 1939 (Lyon 7°)

Je n'ai découvert que récemment la vie de mon arrière-grand-père paternel, Marius. J'avais entendu dire qu'il avait eu la jambe esquintée  par son cheval à l'armée et qu'il s'était installé à Lyon, ne pouvant plus assumer les travaux des champs à la ferme familiale à Outriaz, ferme qui fut donc reprise par son jeune frère Elie.

Voici donc l'histoire de Marius...

                    Jean Marie "Grégoire" GUILLERMET (1826 - 1899), père de Marius, perd sa première femme, Claudine Larçon, âgée de 38 ans, le 2 mai 1863. ll se retrouve donc seul avec quatre des six enfants qu'ils ont eu ensemble (deux étaient décédés bébés) : Marie Françoise Adelphine (13 ans), "Louis" François (10 ans), "Eugène" Adolphe (6 ans) et Marie Estelle (2 ans). 

                    Grégoire se remarie un an après le décès de sa première épouse, le 14 mai 1864, à 38 ans, avec Joséphine ROCHAIX (32 ans). 

                     Le 29 décembre 1865, naît Marie "Emma". Le 30 janvier 1867, naît le second enfant de Grégoire et Joséphine : François Elie.
      
                Le 10 décembre 1868, à 13h, Grégoire GUILLERMET, 42 ans, se présente à la mairie de Lantenay pour déclarer la naissance de son neuvième enfant, Marius Alphonse, né à 5h du matin.

                    Il est accompagné de César BERTRAND, 49 ans et de Louis François EXPERT, 37 ans, tous deux cultivateurs comme lui, à Outriaz, hameau de Lantenay.

Acte de naissance de Marius Alphonse GUILLERMET, le 10/12/1868
Archives Départementales de l'Ain en ligne
                 
                   Alors que Marius n'a que 6 mois, François Elie meurt, âgé de deux ans. Il a un an et demi lorsque naît sa soeur "Noémie" Alphonsine.


                 Le 18 juin 1873, Marius, âgé de 4 ans et demi, perd sa demi-sœur Marie Estelle, âgée de 12 ans. La même année, Louis, son frère aîné participe au tirage au sort du recrutement militaire (Registre matricule Belley 1873) et tire le n° 10. Pas de chance ! Il est bon pour le service et est affecté au 98° régiment de ligne.
             
                  L'été suivant est plus gai : sa demi-soeur Marie Françoise Adelphine, se marie à Outriaz, le 1° juillet 1874 avec un jeune de 26 ans originaire d'Hotonnes : Joseph MARTINOD, employé aux chemins de fer PLM et résidant à Cerdon.

           En 1875, alors qu'il n'a que 6 ans, Marius perd successivement, le 22 février, son demi-frère Eugène, âgé de 17 ans et le 27 avril, sa petite sœur Noémie, âgée de 4 ans.

Son grand-frère Louis, part  le 6 janvier 1875 comme appelé à l'activité. Il arrive au corps le 8 du dit, immatriculé sous le n° 11311. Il est nommé caporal le 19/11/1875.

          Le 30 novembre 1876, à dix heures du matin, sa soeur Marie Françoise Adelphine (26 ans), ménagère à Genève, meurt chez ses parents. Dix jours plus tard, Marius a 8 ans.

              Fin 1876, Grégoire (50 ans) et Josephine (45 ans) vivent désormais avec les quatre enfants survivants sur les onze nés des deux unions de leur père : Louis (23 ans), à l'armée, Emma (11 ans), Marius (8 ans) et Elie (3 ans). 

                Louis est nommé caporal conducteur des équipages le 10/11/1876.

               Le 30 juillet 1877, Louis François GUILLAUMOT, curé de Brénod, meurt. Il est âgé de 69 ans.  Louis, passe  sergent le 09/10/1877.

Louis est envoyé en congé le 13/08/1878 en attendant son passage dans le réseau de l'Armée active. Certificat de bonne conduite accordé. Est-il déjà domestique à Leyrieu ou Marius a-t-il la joie de voir son grand-frère arriver à la ferme d'Outriaz ? Malheureusement, les recensements en ligne commencent en 1896, ce qui ne nous permet pas d'avoir une réponse à cette question.

                Deux jours après Noël 1879, Louis, 26 ans, domestique à Ste Marie de Tortaz, à Leyrieu (38), se marie avec Félicité THOLLON, âgée de 22 ans. Marius a 11 ans. Toute la famille est-elle allée au mariage de Louis ? Bien qu'il ne soit pas cité comme témoin, Grégoire était présent à la noce, sa signature figurant en bas  de l'acte, à gauche de celle de son fils Louis.


A gauche, signature de Grégoire et à droite, celle de son fils Louis.

D'après le registre matricule, on sait que Louis mesure 1,66 m, qu'il est blond aux yeux bleus, a le front bombé, le menton plat et le visage plein. Il est instruit (sait lire, écrire et compter). Bref, tout pour plaire à Félicité !


             Louis passe  à la subdivision de Bourgoin par changement de domicile le 04/05/1880 et accompli différentes périodes d'instruction militaires : 
une période d'instruction au 140° de ligne du 21/08 au 17/09/1880.
C'est le moment que choisit son fils Benoît "Eugène" pour naître. Marius, 11 ans 1/2, devient oncle le 11 septembre 1880.


une période d'instruction au 140° de ligne du 23/08 au 19/09/1882.
une période d'instruction a 106° gal (?) du 19 au 31/05/1884.

               En 1888, Marius participe au tirage au sort du recrutement militaire pour le canton de Brénod (Registre matricule Belley 1888). Il tire le n° 40 et est bon pour le service. Comme son frère Louis, il est instruit. Il est affecté au 10° régiment de chasseurs mais c'est au  11°  régiment de chasseurs qu'il est  appelé le 11 novembre 1889 où il arrive le 12. 
On apprend alors que Marius mesure 1,64 m, a les cheveux et sourcils châtains, les yeux châtains, un front ordinaire, le nez moyen, la bouche moyenne, le menton rond et le visage ovale, bref, qu'il ne ressemble pas du tout à son demi-frère Louis, blond aux yeux bleus !

           Il est visiblement sur Vesoul car c'est dans cette ville qu'il est réformé N°1 par la commission spéciale de réforme de Vesoul dans sa séance du 8 septembre 1892 pour osséo-périosite du tibia gauche avec fissule siégeant à la face interne de l'os à son tiers supérieur : épaississement notable du tibia, attrophie du membre de deux centimètres, semi ankylose du coud du pied : marche difficile et douloureuse.  Cela confirme bien ce qui s'était transmis oralement dans la famille. Marius sera maintenu réformé par le conseil de révision du Rhône le 12 décembre 1914 (décret du 17 décembre 1914) et définitivement libéré du service militaire.

            Il rentre donc à Outriaz (01), chez ses parents,  à la fin de l'année 1892. L'année suivante, c'est au tour de son jeune frère Elie de tirer le n° 28 lors du recrutement militaire du canton de Brénod (Registre matricule Belley 1993). Il mesure 1,72 m, a les cheveux et sourcils noirs, les yeux noirs, un front ordinaire, le nez moyen, la bouche moyenne, le menton rond et le visage ovale. Il ressemble donc plus à Marius qu'à Louis.
 Comme ses frères, il est instruit et a un degré "exercé" en instruction militaire. Est-ce son frère Louis qui l'a instruit ? Il est affecté au  133° régiment d'infanterie. Il est incorporé au 133° Régiment d'infanterie à compter du 13 novembre 1894, envoyé au corps le dit jour sous le N° Matricule H663. Il est mis en disponibilité  le 20 novembre 1895 en attendant son passage dans la réserve de l'armée active qui aura lieu le 1° novembre 1897. On lui accorde un certificat de bonne conduite.

                     En 1896, Marius, 27 ans,  vit toujours à la ferme familiale avec son père Grégoire 70 ans, sa mère Joséphine, 63 ans, sa sœur Emma, 30 ans, et son jeune frère Elie âgé de 22 ans, tous cultivateurs. Sa blessure l'handicapant pour les travaux des champs, il lui faut songer à une autre voie professionnelle. 

                     Son oncle maternel, Alphonse ROCHAIX est alors tisseur à Lyon où il s'est marié en 1870. Marius a donc des cousins lyonnais, légèrement plus jeunes que lui : Henri, François, Jean Alphonse, Étienne et Henriette. C'est donc chez cet oncle qu'on retrouve sa trace en 1899, un an après le décès de son père Grégoire.. Alphonse, 62 ans, vient d'emménager dans cet appartement après avoir logé dans six autres appartements auparavant, tous dans le 6° arrondissement. On peut noter que tous les immeubles dans lesquels la famille ROCHAIX  a habité ont été rasés.



Adresses successives d'Alphonse ROCHAIX, à Lyon 6°
avant 9 août 1870
126 rue de Sèze 33 ans
5 octobre 1872
120 rue Cuvier 35 ans
8 juin 1874
41 bis rue Masséna 37 ans
14 mars 1877
65 rue Bossuet 40 ans
10 mai 1886
87 rue Bossuet 49 ans
5 mars 1898
49 rue Pierre Corneille 61 ans
NB : A cette date,  Henri et Francisque habitent
61 rue Garibaldi où Marius va vivre en 1899.

                    En 1898, ses cousins Henri et François, qui vivent encore chez leurs parents où Marius emménage entre 1896 et 1899,  sont alors tous deux employés de commerce et c'est donc ce métier que Marius adoptera dans un premier temps.

                        A Lyon, Marius, 30 ans, a fait la connaissance d'une jeune employée de commerce, âgée de 23 ans, Marie Louise GAUDIN. Celle-ci vit seule avec son père, veuf depuis 1897. Ses deux soeurs, Louise et Colombe, se sont mariées respectivement en 1892 et 1895.

                     La publication des bans de leur mariage a lieu les 15 et 22  octobre 1899. Celui-ci semble donc proche mais voilà que Grégoire, le père de Marius, meurt le 31 du même mois. Le mariage est donc repoussé.  Au décès de son père, Elie reprend la ferme familiale à Outriaz où il vivra désormais avec sa mère et sa sœur Emma.

                Le mariage de Marius et Marie Louise aura finalement lieu le 2 décembre de la même année, dans le 6° arrondissement de Lyon. Son frère Louis, 46 ans, propriétaire à Crémieu est présent tandis que sa mère, âgée de 69 ans, est absente. Elle a donné son consentement par acte passé devant un officier d'état-civil à Outriaz. Elie et Emma ne sont pas descendus à Lyon pour leur mariage. 


Le deux décembre mil huit cent quatre-vingt-dix-neuf, à une heure du soir, par devant nous, Lucien VALLY, adjoint  spécialement délégué par Monsieur le Maire de Lyon au sixième arrondissement municipal. se sont présentés 
                                       Monsieur GUILLERMET Marius - Alphonse, employé de commerce, demeurant à Lyon, rue Garibaldi, N° 61, célibataire, né à Lantenay, arrondissement de Nantua (Ain), le dix décembre mil huit cent soixante-huit, fils majeur et légitime de Mr Jean, Marie, Grégoire GUILLERMET, décédé à Outriaz (Ain), le trente octobre dernier, et de Dame Joséphine ROCHAIX, âgée de soixante-neuf ans, propriétaire, demeurant au dit Outriaz, laquelle a donné son consentement au présent mariage par acte passé devant un officier de l'état-civil de la dite commune, le vingt-quatre octobre écoulé enregistré.
                           et Mademoiselle Marie - Louise - Pierrette GAUDIN, employée de commerce, demeurant en la compagnie de son père, à Lyon, rue Dussaussoy, N° 4, célibataire, née en notre arrondissement, le trois juin mil huit cent soixante-seize, fille majeure et légitime de Mr Louis François GAUDIN, âgé de soixante ans, employé à la Caisse d'Epargne, officier d'académie, lequel est ici présent et consentant, et de Dame Magdeleine BROUSSE, décédée en cet arrondissement le dix septembre mil huit cent quatre-vingt-dix-sept .
                                      Les dits futurs époux, procédant comme il est dit ci-dessus, nous ont requis de célébrer le mariage projeté entre eux dont les publications ont été faites sans opposition en notre arrondissement les dimanches quinze et vingt-deux octobre dernier, et, d'après notre interpellation, ils nous ont formellement déclaré avoir passé un contrat reçu Me VACHER, notaire à Lyon, le douze du même mois.

    Faisant droit à leur réquisition, nous avons donné lecture des actes dont la production est exigée par la loi et qui nous ont été remis, ainsi que du chapitre six du Code-civil concernant les droits et devoirs respectifs des époux - Ensuite, nous avons demandé à mr GUILLERMET Marius - Alphonse et à mademoiselle Marie - Louise - Pierrette GAUDIN, s'ils voulaient se prendre mutuellement pour époux, tous deux ayant répondu séparément affirmativement, nous, officier de l'Etat-civil, déclarons au nom de la loi, qu'ils sont unis en mariage -

    Dont acte passé en cette mairie et lu publiquement en présence de m. m. GUILLERMET Louis, quarante-six ans, propriétaire demeurant à Crémieu (Isère), frère de l'époux, ROCHAIX Alphonse, soixante-deux ans, tisseur, rue Garibaldi, 61, à Lyon, oncle de l'époux, BRIERY François, trente-deux ans, comptable, domicilié Place des Terreaux, 1, beau-frère de l'épouse ; et RABATEL Claude,cinquante-trois ans, propriétaire, rue d'Ivry, 37, lesquels, les époux et  le père de l'épouse ont signé avec nous après lecture.
Acte de mariage Marius GUILLERMET et Marie Louise GAUDIN, 
archives municipales de Lyon

Le jeune couple s'installe chez Louis GAUDIN, père de Marie Louise, au 4 rue Dussaussoy, où le 13 novembre 1900, naît leur premier enfant, Edmond, mon grand-père paternel.
 

1901 : Marius posant avec sa femme Marie Louise et leur fils Edmond



Le 22 février 1903, sa sœur Emma, 37 ans, se marie avec Eugène, Jean Baptiste BRUNET., cultivateur célibataire du Tremblay.. Quatre jours plus tard, leur mère Joséphine, 71 ans, meurt. Nous avons la chance d'avoir une photo de celle-ci datant probablement de ces années-là.

Joséphine ROCHAIX sur la fin de sa vie





               Henri, 32 ans, cousin de Marius, dessinateur à la Voiirie municipale de Lyon,  se marie dans le 5° arrdt, avec Eugénie Constance DEPAY, le 11 août 1903.

                 Le 3 avril 1905, c'est au tour d'Elie, 31 ans, frère de Marius, de se marier, à Corcelles (01), avec Delphine SAVARIN,  27 ans. Ils auront six enfants dont Louis, marié à Raymonde, à qui nous rendions visite chaque année au printemps, avec nos parents, après avoir pique-niqué et cueilli des narcisses. La montée du Cerdon est un des souvenirs liés à cette équipée vers Outriaz, notamment l'année où nous y sommes allés avec l'Hotchkiss Grégoire de papa dont le moteur a chauffé. Assis sur le talus,  le long de la route, nous avons dû attendre que celui-ci refroidisse et que papa remplisse d'eau le réservoir avant de pouvoir poursuivre notre voyage (car dans les années 70, s'en était un !).

                    Le 28 novembre 1909, son cousin Etienne, se marie à Aulnay-sous-bois (93), avec Germaine Cécile Marie LECONTE, à l'âge de 32 ans.

                      Entre 1903 et 1910, Marius change de profession. Avec sa femme, ils reprennent un commerce "d'articles de cave", au début du cours de la Liberté, près de la Place du Pont, actuellement, Place Gabriel Péri. Ils durent déménager à nouveau car c'est au 67 cours de la Liberté, un peu plus loin dans la même rue, que naît Fernand, leur second enfant,  le 16 mars 1910.

Vers 1911 - 12 : Edmond et Fernand, les deux enfants de Marius et Marie Louise

                   Juste après la guerre (date à vérifier), Marius et sa famille déménage à nouveau pour s'installer au 5 rue de Bonald, Marius ayant à nouveau changé de métier. En effet, il a monté une affaire de réparation d'articles en laiton pour les hôpitaux et son atelier se trouve dans le même quartier, au 8 rue Jangot. Nous avons retrouvé un objet fabriqué dans cet atelier, estampillé "GUILLERMET CONSTr  8 R. JANGOT LYON". 

                 L'année 1928 est riche en mariages :  En juin 1928,  sa cousine Henriette se marie sur le tard (42 ans) avec Gaston PATEL., à Lyon 6° puis le 17 juillet 1928, c'est son fils Edmond,  27 ans, qui se marie avec Thérèse ESCOFFIER, 25 ans, dans le 4° arrondissement où le couple s'installe 18 rue Raymond.
 

Mariage de Edmond GUILLERMET et Thérèse ESCOFFIER,

 page de Scrapbooking réalisée le 13/08/2007.






              Enfin, en septembre de la même année, c'est son cousin François dit Francisque, qui se marie à Villeurbanne, avec Lucie Jeanne LAETELLIER, à l'âge de 55 ans (Annotations sur AN).

                   
Marius et Marie Louise, photographiés par leur petit-fils Fernand, en 1935, au jardin Raspail à Lyon.

18 novembre 2014

"L comme Loup"

1725 - Le loup est à Salagnon (38) !

 Ce matin, alors que j'épluche les actes paroissiaux de Salagnon, petite commune de l'Isère, je tombe sur deux actes de décès concernant des enfants décédés suite à des morsures de loup.

Le  28 janvier, Louis (3 ans) et Françoise (environ 5 ans), frère et sœur, meurent 3 semaines après avoir été "mordus et estropiés" par le loup.


"Le vingt-huitième janvier mil sept cent vingt-cinq, j'ai enterré au cimetière de Salagnon, deux enfants à François CULLIAND mariés, .... un fils nommé Louis, âgé d'environ 3 ans et une fille nommée Françoise, âgée d'environ  ans qui furent mordus et estropiés (par) un loup enragé, et ont vécu après leur blessure environ trois semaines. Présents les habitants de la paroisse. En foi de quoi, j'ai signé."            Richard Curé
 
Le 15 février, c'est au tour d'Anne, 14 ans, leur soeur aînée ?,  de mourir, un mois après avoir été "mordue par un loup enragé".

"Ce quinzième fevrier mil sept cent vingt-cinq, j'ay enterré au cimetière de Salagnon, Anne Calliaud, âgée d'environ quatorze ans, ayant reçu les sacrements de l'Eglise, qui eut le malheur d'être mordue d'un loup enragé ... ses frères et soeurs qui lui fendir la lèvre, et est morte environ un mois après cet accident ..........,  ......... la présence de Louis ......, Marc CALLIAND, Claude CALLIAND et plusieurs autres illettrés en fois de quoi j'ai signé"
                                                                                                       Richard Curé

Merci si vous pouvez m'indiquer les mots manquants.

25 juin 2014

U comme... Urbain, Urbanisation


Urbain - Urbaine / Urbainne

             En consultant l'outil "prénom" de mon fichier Hérédis, je constate qu'Urbain apparaît 14 fois sous sa forme masculine et 6 fois sous sa forme féminine avec deux orthographes "Urbaine" et "Urbainne". Ce prénom était particulièrement donné à Le Lude (Sarthe) au XVIII° siècle.
Il vient du latin "urbanus", citadin et a quasiment complètement disparu.

Urbain BOULAY est un de mes ancêtres directs. Il était serger (tisserand) comme quasiment toute sa famille. ll se maria au Lude (Sarthe) en 1753 avec Marguerite LAUNAY dont il eut  quatre enfants. Joseph, né en 1756 au Lude, s'installera à Lyon comme perruquier - coiffeur où il se mariera en 1783 puis une seconde fois en 1804 avec Claudine SOUPAT, dont je descends.
Je pense étudier ce personnage de façon approfondie dans le cadre du challenge #52 ancesters / #52 weeks, car Joseph a eu une vie particulièrement riche. Qu'est-ce qui a pu le pousser à quitter sa ville natale et son somptueux château pour venir s'installer à Lyon ? Dans un premier temps, je pensais qu'il était venu là suite à son divorce mais il n'en est rien vu qu'il s'était marié à Lyon, même s'il avait divorcé à Le Lude. Bref, beaucoup de questions en suspens qui mérite bien des recherches sur ce personnage.


Urbanisation et modification du paysage urbain


               Ce matin, je découvre le site retro picta, créé par Lorris Baumgartner, 27 ans, étudiant en licence info-communication à Lyon II. Ce site permet de comparer des vues de Lyon datant de 1929 et des vues actuelles. Un site encore peu fourni mais qui déjà est particulièrement intéressant.

24 juin 2014

T comme... Triplés

                 Événement rarissime qui eut lieu à Mirefleurs (63), le 16/11/1775 : la naissance de "trois enfants jumeaux" : François, Robert et MIchelle ou Marie (?) qui malheureusement décédèrent tous les trois, deux jours plus tard et furent enterrés le 19 du même mois.

Mirefleurs (63) - Registre 1770 - 1779 en ligne - page 82 / 136

 "L'an que dessus et le seize novembre ont été baptisés et nés le jour précédant François Coupellon, Robert Coupelon et Michel Coupelon tous les trois jumeaux fils légitimes à Claude, vigneron et à Francoise Jouvanssaud le parrain de Francois a été Francois Champeleau et la marraine Marguerite .............. . le parrain de Robert a été Robert Coupelon  et la marraine Anne Champeleau le parrain de Michelle  a été Sébastien Meolete (?) et la marraine Michelle Coupellon qui ont tous déclarés ne savoir signer de ce interpelés suivant l'ordonnance  Jarton vicaire"

Mirefleurs (63) - Registre 1770 - 1779 en ligne - page 84 / 136

"L'an mil sept cent soixante quinze et le dix-neuf novembre, ont été enterrés dans le cimetière de Chalandrat, François COUPELLON, Robert COUPELLON et Marie COUPELLON, tous les trois enfants jumeaux et légitimes de Claude, vigneron et de Françoise JOUVANSEAU, habitants du lieu de Mirefleurs, décédés le jour précédant, âgés de deux jours. On été présents : François CHAMPEBAUD et Michel COUPELLON, habitants du dit lieu, qui ont déclaré ne savoir signer de ce enquis, le dit jour et an."

                                                                BRION curé


                            M'attendant à trouver l'acte de décès de la mère peu après, j'ai continué à feuilleter le registre et suis tombée sur l'acte de naissance de Jeanne COUPELLON, du 3/12/1777 (page 103 / 136),  fille de Claude et de Françoise JOUVENCEAU ! Comme quoi, non seulement la mère des triplés n'était pas décédée mais a eu ensuite au moins un autre enfant.


Vous pouvez retrouver sur Geneanet, les recherches effectuées par Philippe DUCLOS concernant la famille COUPELON.

Enfin, pour ceux que cela intéresse, voici quelques actes dont j'ai relevé les dates en cherchant des informations sur ce qu'était devenue Françoise JOUVENCEAU.
  • + 12/08/1776 de Marguerite JOUVANCEAU, 64 ans, épouse de Jean SAURON qui se remariera en avril 77.
  •  x 22/04/1777 de Jean SAURON (page 99 / 136)
  • ° de jumeaux le 11/03/1777 (page 98 / 136) Amable et Jeanne LAMURE, enfants de Jean et de Marie PELISSIER 
 Edit : Et vous, avez-vous relevé la naissance de triplés ? N'hésitez pas à le mentionner dans les commentaires en indiquant lieu et date. Merci !

23 juin 2014

S comme... Surprenant !

                 Dans ces trois actes de décès, provenant de Brénod (01), datés de 1702, 1704 et 1713, le curé TANTET note les âges d'une façon surprenante : "trois vingt et dix ans" et  "trois vingt et trois ans". Il est intéressant de noter également l'ancienne écriture de "âgé" avec le double "a".

(3 x 20) + 10


Acte de décès - Jeanne Françoise CARRIER PETTIT JEAN
Brénod (01) - Acte de décès 02/02/1702
"Le second février 1702, est décédé et le lendemain a été enterré dans le cimetière de Brénod, Jeanne Françoise CARRIER PETIT JEAN, âgée d'environ trois vingt et dix ans, et ont assisté au convoi Laurent MOREL et Guillaume BALLET THOUBLOT, tous de Brénod, illettrés enqi par le curé soussigné."
                                                                          G Tantet curé

(3 x 20) + 3
Acte de décès N° 8 - Claudine RICHEROT

Brénod (01) - Acte de décès 18/06/1704
"Le 18 juin 1704 est décédé et le lendemain a été enterré dans le cimetière de Brénod, Claudine RICHEROT, âgée d'environ trois vingt et trois ans, et ont assisté au convoi Humbert JANTET dit Martel et Jean Claude RICHEROT, illettrés enquis."

(3 x 20) + 10
Acte de décès N° 8 -  Rollande GUILLERMET

Brénod (01) - Acte de décès 04/01/1713

" Le 4° janvier 1713 est décédé ayant reçus tous les sacrements et le lendemain a été enterré dans le cimetière e Brénod, Rolande GUILLERMET, veuve de feu Claude GOYET de Brénod, âgée d'environ trois vingt et dix ans et ont assistés au convoi Joseph SAVARIN Bon Homme et Joseph LAINET CHARDAYRON, tous du dit lieu, illettrés de ce enquis."

                   Pour ceux qui seraient intéressés par les différentes notations des chiffres et nombres, je vous recommande  La Recherche historique en archives XVI° - XVII° - XVIII° siècles.


20 juin 2014

R comme... Remise

                  Qu'est-ce qu'une remise ? Lorsque les époux sont de paroisses différentes, le curé du lieu où n'est pas célébré le mariage, envoie une autorisation au curé célébrant le mariage, indiquant qu'il n'y a pas d'empêchement à célébrer celui-ci. Le remise est ce document.


Remise du curé de St Georges à celui de St Paul, à Lyon (1767)

AM Lyon en ligne - Paroisse St Georges - 20/06/1767

"Le vingt juin mil sept cent soixante-sept,  j'ai donné la remise à Claude Dufrêne pour épouser Josephte Cazot sur la paroisse de St Paul de Lyon."

Remise du curé de St Nizier à celui de La Platière (Croix-Rousse), à Lyon (1772)
AM Lyon en ligne - Paroisse St Nizier - 29/05/1772

"Le vingt-neuf mai, j'ai donné remise pour la Platière, à Étienne CHABOUD et à Marie Anne REY."

Remise du curé de La Platière à celui de St Pierre St Saturnin (Croix-Rousse), à Lyon (1786)


AM Lyon en ligne - Croix-Rousse (Paroisse la Platière) - 24/04/1786












"L'an mil sept cent quatre-vingt-six et le vingt-quatre avril, Sr Pierre LOUPIN, tonnelier de cette paroisse, après avoir été annoncé deux fois, sans aucun empêchement, a pris remise pour épouser à St Pierre St Saturnin, Dlle Antoinette CAZOT de la dite paroisse, leur contrat du quinze du présent, reçu Me BOUTELOUP  Antoine, à Lyon."

              Cette dernière remise est particulièrement intéressante car elle indique non seulement le lieu du mariage mais donne également des informations concernant le contrat de mariage (date et notaire). C'est donc à mes yeux, un document utile lorsqu'on est bloqué dans nos recherches.


Document intéressant proposé  par les Archives municipales de Lyon :
 Tableau des paroisses et arrondissements

18 juin 2014

P comme... Pékinois

                         Quelle n'a pas été ma surprise de découvrir l'existence de Joseph TCHAO - FOU, né à Pékin,  domestique célibataire à Paris, domicilié 4 avenue Hoche et décédé le 27/04/1899 à 15 h,  à l'âge de 31 ans, 208 rue du Faubourg St Denis (Paris X°) . Il sera difficile de remonter sa généalogie, l'identité de ses parents étant inconnue et le nom de son employeur, n'étant pas mentionné dans l'acte de décès. Il restera une victime du colonialisme sans possibilité pour lui de figurer dans l'arbre de sa famille chinoise.
Acte de décès du  16/05/1899 - Paris 8°

17 juin 2014

O comme... ondoyé

             Je ne compte plus les actes de décès d'enfants mort-nés. Lorsqu'un bébé avait encore un souffle de vie à la naissance, la sage femme l'ondoyait afin qu'il aille au ciel et ne soit pas damné. Pour plus d'informations sur l'ondoiement, je vous conseille cet article sur GénéaFrance.

             Voici l''acte de décès d'un enfant de Grézieu la Varenne (69), "ondoyé sur le sein de sa mère", en 1788.
 
"Un enfant des mariés Barthélémy CAZOT et DURIEUX, demeurant au Tupinier, paroisse de Grézieu la Varenne, né ondoyé sur le sein de sa mère, est décédé hier, a été inhumé dans le cimetière du dit lieu par nous Curé soussigné, le jour d'huy douze octobre il sept cent quatre vingt huit. En présence de Louis PALLUD et de Simon DELHORME qui ont déclarés ne savoir signer de ce enquis."


Acte de décès - 1788 - Grézieu-la-Varenne (69)

16 juin 2014

N comme... Négresse

                  Feuilletant virtuellement les pages d'un registre de Lyon, à la recherche d'un acte, j'ai été interpellée par le terme "négresse" de cet acte que j'ai enregistré et vous fais partager aujourd'hui.              
            Si ce terme choque actuellement, il est à prendre dans le contexte de l'époque coloniale. Mais il était quand même rare à l'époque d'avoir une domestique "de couleur" venant de La Trinidad ! Magdeleine (de son vrai nom Reine POLLY),  était donc la domestique de Mr ROUX, employé des Postes à Chorges. Elle était logée à l'Hôtel de Milan, Place des Terreaux, à Lyon et était âgée de 45 ans à son décès, le 21 juillet 1832.


    Acte de décès N° 2677 de Reine POLLY (Lyon Mairie unique - page 17 / 229)

Edit du 06/06/2015
Relisant cet acte, je me suis posée la question de savoir si l'Hötel de Milan était un hôtel particulier (appartenant au dit M. ROUX),si sa domestique était logée dans une chambre d'hôtel ou si elle était employée dans cet hôtel. Et voici une réponse que j'ai lue sur le site de la Bibliothèque de Lyon www.guichetdusavoir.org  :

"En consultant nos archives, nous avons pu retrouver mention de l’Hôtel de Milan, sis au n°8 de la place des Terreaux, en 1847 dans le Guide de l’étranger à Lyon, et en 1860 dans le Guide des étrangers.
On apprend de ce deuxième ouvrage, qu’en 1860, l’hôtel était tenu par M. Pascalon et qu’il est qualifié de « Bonne Table d’hôte ».
Nous en retrouvons mention dans l’édition de 1900, de l’Indicateur Lyonnais Henry: « Hôtel de Milan – Ve Millet, propr., pl. Terreaux, 8. Hôtel de 1er ordre à proximité du Gd Théâtre et au centre du commerce de la soierie. ». Le même Indicateur Henry le signale en 1904. Le propriétaire était alors un certain Huart et l’hôtel faisait aussi restaurant.
Nous apprenons du Dictionnaire de lyonnaiseries de Louis Maynard (vol. 4), qu’en 1784, l’Hôtel de Milan « accueillit Grimod de la Reynerie, la Dugazon, le danseur Vestris, le musicien Reichardt. ». En pages 158 et 167, l’auteur nous révèle que ledit hôtel y était installé jusqu’en 1905 (il n’apparait effectivement plus dans les annuaires lyonnais en 1906), qu'en 1717, à la même place se trouvait la maison Lacroix et même, que c’est à cette date « qu’on l’éleva de deux étages ».
Nous n’avons pas trouvé trace d’événements plus marquants qui permettraient de poursuivre plus avant la recherche dans la presse du 19e siècle."

Que faisait donc cette domestique à l'hôtel à Lyon si son maître vivait à Chorges ?
C'est surtout la question adressée à la bibliothèque concernant les activités de cet hôtel qui m'interroge.
"De quand date-il ? qui l'a fait construire, et surtout des éléments sur l'activité de l'hôtel (luxe ? prostitution ?)."
 Cette femme noire, était telle exploitée dans cet hôtel (avant 1832) ?
 

13 juin 2014

M comme... Météo

A plusieurs reprises, je suis tombée sur des registres paroissiaux tenus par des curés  soucieux de transmettre aux générations futures un témoignage sur l'histoire de leur paroisse  et ne se contentant pas d'inscrire uniquement les actes de BMS.

A Sainte Colombe sur Gand (42), de 1747 à 1790,  le curé MACHON, note ainsi scrupuleusement, à la fin de chaque année, un récapitulatif des événements exceptionnels de l'année écoulée. On y trouve des notes sur une météo exceptionnelle,  les travaux qu'il fait effectuer tant dans l'église que dans la cure (car M. le Curé aime le confort), les diverses bénédictions qu'il donne, l'installation d'une croix sur un chemin... et même le résultat des statistiques qu'il fit sur vingt ans. On voit également dans ses écrits qu'il se tient au courant des actualités au niveau national, ce qui est assez exceptionnel, d'autant qu'il exerce dans un petit village de la Loire.



Voici un extrait de ses écrits rapportant les phénomènes météorologiques de l'année 1758 qui montre bien que le temps actuel, si souvent décrié, ressemble parfois à celui de cette année-là.

Sainte Colombe sur Gand - Registre paroissial 1758


"Le 18 avril de la présente année, les arbres étaient tous en fleurs et les blés assez avancés. Le beau temps changea tout à coup et fut suivi d'une gelée si forte que la glace porta. Tous les fruits à noyaux furent perdus, les vignes en souffrirent tellement que le vin monta à un prix exorbitant et qui se soutint un an entier, la récolte ayant totalement manquée presque dans toute la France, rien de plus extraordinaire.
Un jour que le soleil était beau, que le rossignol chantait, que les arbres étaient chargés de fleurs et de feuilles naissantes, il tomba une si prodigieuse quantité de neige que les branches d'arbres en plièrent et l'on entendit en même temps un coup de tonnerre.
Ce printemps si désagréable fut suivi d'un été bien plus fâcheux encore. La pluie qui commença le lendemain de la Fête de St Jean Baptiste continua presque sans interruption jusqu'après le mois de septembre et dérangea tellement les opérations de la campagne que le blé qui n'avait presque pas souffert de la gelée fut cruellement maltraité et ne fut coupé qu'à la pluie.
Des prières publiques, ordonnées dans tout le diocèse et faites de la part des prêtres et des peuples avec un concours et une dévotion édifiante, obtinrent du ciel une automne si belle que les semailles s'y firent à souhait.
L'hiver fut ensuite si doux que de mémoire d'homme on n'en avait passé un si gracieux."

Machon curé

La paroisse de Sainte Colombe sur Gand (42), a porté successivement les noms suivants :

1609: Paroisse de Saincte Colombe
1680: Sainte-Colombe en Donzy
1698: Sainte-Colombe en Beaujolais
An II: : Colombe sur Gant ou Colombe en Roannais pendant la Révolution
1704: Sainte-Colombe sur Tarare
1748: Sainte-Colombe en Forez

NB : Je compte rassembler les écrits du curé Machon et les mettre en pdf à téléchargement  payant. Savez-vous s'il faut une autorisation des archives pour cela ?

09 juin 2014

I comme... Illettré


             Voici un acte qui m'a particulièrement plû dans la mesure où la phrase basique finale "pour etre illitere" revêt ici un petit côté amusant du fait que le maire Grobonnet n'est guère plus instruit que ses administrés. 
 
Commune d'Injoux (01) - 1816
            
"Dus seise nouvenBre mille veuit cens et seise par de veanmous Grobonnet maire et hoficier civile de las coumune djnjoux cantont de chatillons de parte mantdeleins dix heures du mateïns a conparus Francois Bornard age des hante veuit tant les quelle nousa declare que Baltasard Bornand son fis etet mord age des veuit jur on preseance de joseyphe dubuisond age des quarante veuit tant et des phileber cerdont tout cultivateour et domicilier djjnjoux apres que lecture leur aetet faite le pere ni les tes mouins noncine pour etre illitere."
                                               Grobonnet
                                                Maire

                             Je vous propose cet article dans le but de vous faire découvrir le monde de l'illettrisme, phénomène malheureusement toujours présent dans notre société. J'espère que celui-ci vous intéressera.
                       
                          Cet acte, écrit par le maire Grobonnet,  illettré (selon la définition actuelle du terme) est intéressant dans la mesure où l'on voit vraiment qu'après la Révolution, les registres ont parfois été tenus par des maires tout juste instruits, remplaçant des curés qui eux, l'étaient !  Cet acte est digne d'intérêt car il témoigne de  la prononciation locale de l'époque.         Ainsi, le Maire Grobonnet, utilisait le son "ou" à la place de plusieurs autres sons  ("nouvenbre", "la coumune". "cultivatours"..), avalait certaines lettres ("hante veuit tant" pour "trente-huit ans" où le son "t" est absent) et confondait des sons (notamment "n" et "m" mais également "n" et "gn"). Il ne maîtrisait ni le code phonie graphie ni la découpe des mots (notamment problème des liaisons), d'où des écritures assez fantaisistes ("ioseyphe" pour "Joseph", "quarnate veuit tant" pour "48 ans", "les tes mouins noncine" pour "les témoins n'ont signé"....).


                         En résumé, les registres tenus par ce maire à Belley, pendant plusieurs années, formerait un corpus intéressant pour des étudiants en alphabétisation et lutte contre l'illettrisme.

                        
PS : Cet article n'étant pas écrit pour des spécialistes de l'illettrisme, je n'ai ni utilisé l'API pour noter les sons ni fait une étude complète de cet écrit, le but n'étant pas celui-ci.

Edit : Voici un extrait de l'acte de mariage de Louis BOSNE et de Françoise COUPRY, le 5/06/1741 au Lude (Sarthe), très intéressant dans la mesure où il regroupe les signatures de personnes ayant un niveau d'instruction complètement hétérogène.

Registre BMS Le Lude (72) - Acte mariage 1741

05 juin 2014

G comme... Gaspard

Gaspard, Gasparde, Gasparda, Gaspardine

 Au cours de mes recherches, j'ai rencontré 65 Gaspard dont cinq ascendants directs :

- Gaspard DELORME, marié en 1683 à Thurins (69)
père de mon ancêtre Estiennette.
(Généalogie  DELORME, GRAND, DURIEUX, CAZOT, BEAUMONT)


- Claude Gaspard LAISNET CHARDEYRON, (1647 - 1671) Brénod (01)
 marié à Jeanne Clauda RICHEROT JANET, en 1671 à Brénod,  père de mon ancêtre Joseph. (Généalogie LAISNET CHARDEYRON, GUILLERMET)

- Gaspard PILLARD (1696 - 1768) Champfromier (01)
 marié successivement à Rolande JULLIARD, Françoise MATHIEU et Marie Thérèse DALLOZ dont il eut 12 enfants dont mon ancêtre Marie, née de son dernier mariage.
(Généalogie PILLARD, GRENAZ, PERRIN, ROCHAIX, GUILLERMET)

- Gaspard SAVARIN, né en 1616 à Brénod (01)
 marié à Jeanne PAGNAU en 1645 à Marboz (01), père de mon ancêtre Claude.
(Généalogie SAVARIN, GAUTHIER, GAUDIN, GUILLERMET)

- Gaspard SOUPAT, né en 1694 à Lyon (69), paroisse de St Nizier, maître guimpier
marié successivement à Antoinette ou Etiennette FILLON, Elie BERTRAND et Barthélémie BALLAY, père de 14 enfants dont mon ancêtre Claude par son premier mariage.
(Généalogie BOULAY, MORISSE, ROBERT, BOUVY)

Mon fils aîné porte donc (sans qu'on le sache) en troisième prénom, celui de ces cinq ancêtres.

Gasparde est un prénom que j'ai rencontré 11 fois et qui a été porté par mon ancêtre Denise Gasparde CAZOT, mariée à Jean BEAUMONT, plus âgé qu'elle de 18 ans !
(Généalogie CAZOT, BEAUMONT, CARRABIN, BOUVY)

Gasparda soit Gasparde en patois local, a été porté par une fillette née en 1655 à Lantenay et décédée au même endroit,  en 1677, à l'âge de 12 ans.

Enfin, Gaspardine a été porté par une fille de Pierre Antoine BERNARD TRIOLLET et Antoinette MARTEL, née en 1660, à Lantenay.

Comme on peut le voir, autant Gaspard était un prénom relativement courant au XVII° siècle, les formes féminines étaient beaucoup plus rares.

Selon ce site, Gaspard est un prénom qui revient à la mode.  En 2011, 1094 bébés reçurent ce prénom qui était 66° au classement des prénoms les plus donnés. Quand à la forme féminine, elle est toujours aussi peu usité. Le site genealogie.com recense seulement 2 naissances entre 1891 et 1990 !

F comme... Four à Chaux

                    Les accidents domestiques ont toujours existé mais celui-ci est particulièrement horrible. J'ai enregistré cet acte il y a déjà plusieurs années alors que je feuilletais le registre de 1676, de la paroisse St Paul, à Lyon, à la recherche de l'acte de décès d'un de mes ancêtres.  En lieu d'identité, il est noté "L'enfant brûlé" dans la marge, l'enfant étant certainement non  identifiable. Cet acte relate vraiment un fait-divers tragique dans la paroisse mais montre aussi qu'à cette époque, de nombreux enfants traînaient seuls dans la rue.

"Le 4 décembre 1676, a été enterré au cimetière de l'Observance, un enfant brûlé aux fours à chaux, pris à la rue par ordonnance de Demontet, châtelain de ?????? de ce jour d'huy. Présents : Mathieu PERIER, et Denis CHARROIN, présents habitants ? de cette église."

Lyon Paroisse St Paul - Année 1676










Malgré la brièveté de cet acte, j'ai rencontré deux difficultés de lecture. Merci à ceux (celles) qui pourraient m'aider.

04 juin 2014

E comme... endormi

             S'endormir sur un chemin n'est pas vraiment une bonne idée et le petit Jacques NAIME, 3 ans, est ainsi mort, écrasé par une charrette à Chavanoz (38).  Accident tragique relaté dans cet acte de 1757.













"L'an mille sept cent cinquante-sept et le sept juillet, j'ai enterré Jacques NAIME, âgé d'environ trois années, mort par accident, une charrette lui a passé sur le corps, s'étant endormi sur le chemin. En présence de Louis NAIME, Claude NAIME, Jacques DALPHIN et l'Espaniol, tous illettrés, de ce enquis et requis."
                                      
Acte Juillet 1757 - CHAVANOZ (38) - AD 38 en ligne -  Registre 1704 - 1760 - vue 192



02 juin 2014

D comme... Décapité

                 C'est une histoire originale sur laquelle je suis tombée l'autre matin en parcourant le registre des décès d'Injoux (01) en 1805. Marie Joseph FAVRE, recherche son mari disparu pendant 10 jours avant de le retrouver en deux morceaux dans les buis ! 
                Ok, on est juste après la Révolution. Celui-ci ne devait pas avoir les mêmes idées que les autres alentours. Une enquête et un procès ont certainement suivi qui pourrait lieu  à une recherche intéressante... malheureusement, j'ai déjà beaucoup de "to do" sur ma liste ! Si quelqu'un est intéressé, je lirai volontiers  les résultats de votre recherche. Il s'agit de l'acte 13 des décès de 1805 à Injoux (01) - Archives départementales de l'Ain en ligne.


N° 13 Décès de Louis VIVIANS
"L'an treize et le premier de l'an présent, le douze du mois e thermidor, par devant nous François GROBONNET, maire et officier de l'état civil de la commune d'Injoux, département de l'Ain, canton de Châtillon, se présente Marie Joseph FAVRE, âgée de trente ans, femme de Louis VIVIANS, laquelle nous a déclaré que le trois thermidor, son mari fauchait dans un pré lui appartenant à la montonne, lieu dit encore Sabedar, et qu'à huit heures du matin, lui ayant porté son dîner à midi ne l'ayant plus trouvé l'ayant cherché partout ne l'ayant trouvé que le douze à huit heures du matin, presque pourri dans les buis, à environ cent pas de la maison  (?)... des ROCHEX, la tête séparée du corps, j'ai averti le juge Desysex (?)  qui s'y est transporté le treize et ai dressé le procès-verbal de la situation et m'a ordonné de l'enregistrer en présence de Claude Marie GONOT, mon adjoint, âgé de quarante ans et de François HOVE (?), maître tailleur, âgé de vingt-huit (ans), qui ont été présents ....... Bale du juge Desyseix, tous deux domiciliés d'Injoux; Après que je leur ai fait lecture du présent acte qui ont signé, non la dite Favre pour être illettrée. Le dit cadavre âgé de trente-cinq ans."

                                                                                         Grobonnet
                                                                                                 Maire

                  Si vous lisez le texte original, vous verrez que la phrase "non la dite Favre pour être illettrée" est assez amusante !  Actuellement, on dirait qu'elle est analphabète et que monsieur le Maire, avec tout le respect qu'on lui doit, est lui un illettré ! :-D

Définitions
  • Analphabète désigne quelqu'un qui n'a pas reçu d'instruction et ne sait donc ni lire ni écrire.
  • Illettré désigne quelqu'un qui a été scolarisé mais ne maîtrise pas les bases, comme c'est le cas du maire d'Injoux de l'époque.

01 juin 2014

B comme... Bénédiction des cloches

                   Le 17 juillet 1747 eut lieu la bénédiction de deux cloches dans la paroisse de Ste Colombe-sur-Gand, une pour l'église et l'autre pour la chapelle St Julien. Comme c'est la coutume, chacune se voit attribuer un parrain et une marraine et prend le nom du saint correspondant à son parrain. La grosse fut donc nommée St Jacques et la petite St Jean.

Registre BMS Ste Colombe-sur-Gand (42) - 17/07/1747


"Aujourd'hui 27 juillet 1747, ont été bénites deux cloches par Monseigeur DELVERNEY, archiprêtre et curé de Néronde. L'une, qui est la grande, sous le nom de St Jacques et la seconde pour la chapelle St Julien sous le nom de St Jean.

Le parrain de la grande a été M. Jacques de Pré Colombe, Commandeur de St Jean de Jérusalem # et sa marraine Dame Marie Jacqueline de Ste Colombe, enfants de haut et puissants seigneurs.

M Jean Eternard de Ste Colombe, seigneur du dit lieu du Poyet de St Priest la Roche et autres places, ici présent et soussigné avec M Jean Marie Delandine

capitaine chatelain, juge royal de Néronde, juge de la terre de Ste Colombe, de M Jacques SARGNON,curé de Fourneaux, de M Jean Bertholon, vicaire de cette paroisse, soussignés."                  # et de Bel.... et de Chanoin (?)
 
                                    Curé DELANDINE


Retrouvez un autre témoignage des registres de Ste Colombe-sur-Gand dans l'article M comme... Météo  dans lequel vous trouverez une photo de la commune et de son château.

31 mai 2014

A comme.... Arabesques, Art

Parfois, certains curés montrent leur dextérité à la plume sur les registres en remplissant les blancs entre les actes de dessins de toutes sortes. Voici quelques trouvailles datant du XVIII° siècle.



Registre de 1763 - Belley (01)


 
Registre 1600 - 1612 - Lyon Saint Paul


Registre 1749 - 1757 - Lyon Paroisse St Pierre St Saturnin


Registre 1749 - 1757 - Lyon Paroisse St Pierre St Saturnin

Et vous ? En avez-vous découvert beaucoup ?